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Cote d'Ivoire et Présidences...

la Structure de la société...

22 Septembre 2006 , Rédigé par Bamba Athanaz Publié dans #Société

... à vol d'oiseau! 
 
Dans toutes les civilisations qui peuplent la surface habitable de la terre, l’homme laisse son esprit scissionniste se manifester dans tous les domaines que touchent ses activités. Il met ses soins à tout compartimenter de la collectivité à la famille nucléaire, sans épargner les moindres détails susceptibles de s’ériger en barrières discriminatoires. Ce processus de catégorisation formelle des individus par affinité de conditions sociales ne survient pas qu’avec les débuts de l’industrialisation des sociétés, bien que la notion de classe soit étroitement solidaire. Déjà dans des sociétés préindustrielles ou qui n’ont pas subi le phénomène de l’industrialisation, l’organisation sociale considérait ou prend en compte divers éléments qui permettent de les structurer en différentes classes : leur processus de constitution, les activités de leurs membres, la réglementation du mariage entre individus, les droits et devoirs rituels qui incombent à certains individus par rapport à d’autres, la propriété agraire, etc. Ainsi étaient ou sont organisées ces sociétés préindustrielles ou non industrialisées selon un système de castes, d’état, de distinction de statut entre les différents groupes sociaux. La rigidité de ce système établit des hiérarchies entre individus et régule la vie à l’intérieur de ces classes sociales selon des principes spécifiques d’ordre coutumier, religieux, légal clairement déterminés. Cependant, tous ces hommes ont en commun le même problème existentiel : le bien-être général ; c’est-à-dire sur les plans social, économique, mental, spirituel…
 
Les sciences humaines, sociales et spéculatives déploient un éventail de doctrines, de dogmes et de sophismes philosophiques ou religieux. Ces systèmes de pensées constituent, chacun dans sa particularité, une plate-forme comme moyen de résoudre le problème de bien-être de la population. Mais il est aujourd’hui un grand nombre de communautés et de nations à subir les dures retombées des idéologies qui se traduisent en crises politiques, troubles sociaux et intolérances religieuses. Idéologies qu’avaient épousées leurs leaders aux ambitions démesurées. Ces idéologies doctrinales fondées sur des dogmes religieux, philosophiques d’un côté, se révèlent caduques par rapport au nouveau contexte social dont elles ne sont pas près d’apporter les solutions adéquates aux réels problèmes. De l’autre côté, ces idéologies sophistiques très prometteuses, quant à elles, conduisent infailliblement des peuples, avec à leur tête des dirigeants sophistes, sur les sentiers de l’autodestruction : régionalisme, guerres fratricides…
 
Facteurs de division
 
Selon Karl Marx, la satisfaction des intérêts matériels est le principal moteur de l’action humaine et explique le devenir des sociétés. Toujours dans la ligne de sa pensée, une classe sociale rassemble un groupe d’individus qui occupe une place définie au sein du processus de production qui confronte le groupe de « ceux qui tirent leurs revenus du travail et qui perçoivent un salaire » à celui de « ceux qui possèdent l’outil de production qui sont rémunérés par le profit ». Avant tout accord de collaboration, la place de chaque membre est déterminée selon un critère technique qui est, ensuite, prolongé par un critère juridique. Cette distinction, qui découle de la définition de la place au sein de tout processus de production, met principalement en évidence deux classes sociales: la bourgeoisie et le prolétariat. Dans le contexte historique, les bourgeois détenaient les moyens de production ; ce faisant, ils s’appropriaient le travail de prolétaires. Ces derniers ayant pour seul moyen de subsistance leur force de travail à vendre, sont contraints dans cette position de minorité de se mettre au service des titulaires des moyens de production. Ce rapport inégalitaire vis-à-vis de la propriété est l’origine de la lutte des classes (en France), théorie que Marx explique : « le capitaliste bourgeois, en s’appropriant le travail et le fruit de celui-ci (…), conduit nécessairement à l’exploitation de la classe ouvrière.» Ce fait ne peut que servir de base aux contestations ouvrières qui auront toutes pour objet commun de revendiquer une amélioration de leurs conditions de travail. La classe sociale, soutient Marx, s’identifie au groupe qui, par son action agit sur l’évolution des sociétés : l’exemple des révolutions françaises (à voir dans les chapitres suivants).
 
Même en considérant sous un angle simplifié, la division de la société a pour bases deux critères principaux passifs : les moyens pécuniaires ou financiers et le cadre de vie. Ces deux critères frappants, à l’image de la bourgeoisie et du prolétariat, mettent en évidence et en opposition la classe des riches et la classe des pauvres une fois qu’elles sont clairement identifiées. Et cette notion de classe laisse expliquer l’antagonisme qui existe entre ces groupes sociaux.
 
Les intérêts de la classe bourgeoise étaient naturellement opposés à ceux des travailleurs. Et à propos de la coexistence dualiste de ces classes sociales opposées, une partie de l’histoire des pays occidentaux en dit long sur la bataille des classes, et rien n’a été changé à l’aspect général de la société aujourd’hui, de manière comparative. Ceci pour dire que les riches écrasent financièrement les pauvres. Les critères de division de la société sont restés les mêmes et maintiennent les modalités du concept historique qui se résume à une logique qui oppose la classe possédante à celle qui aspire à la possession. Ce qui est pour l’époque moderne le prolongement de la lutte opposant, d’un côté, l’esclave à l’homme libre. Dans la pensée marxiste, tout groupe animé d’une conscience d’appartenance à une classe et conscient de ce qui le sépare des autres classes constitue véritablement une classe sociale. Et c’est, en définitive, ce sentiment qui permet à un groupe d’agir dans le but de renverser cet ordre et d’agir sur l’évolution politique des sociétés. La notion de classe ne se perd pas dans un simple acte de stratification sociale, mais dans le fait de considérer avec beaucoup de hauteur cette volonté de renverser l’ordre social que manifestent ceux qui aspirent à la possession face à ceux qui possèdent, et faire en sorte que les transformations de l’ordre social ne conduisent pas précisément à une hécatombe.
Les systèmes politiques actuels réussiront-ils à transformer les principes de l’éloignement des classes en un ensemble de facteurs de rapprochement des classes par la culture du respect de la dignité et de la paix dans nos sociétés modernes ?
 
Couches sociales
 
La classe « c’est la conscience qu’a un groupe de ses intérêts communs qui permet à celui-ci d’exister en tant que classe ». À priori, deux classes sociales structurent le corps social. Mais Marx fait d’autres distinctions au sein de ces classes principales sociales. Selon son analyse, la classe bourgeoise comprend une bourgeoisie financière, une bourgeoisie industrielle et une bourgeoisie commerçante ; la classe prolétarienne incorpore une classe paysanne et le lumpenprolétariat (terme de l’auteur) qui constitue au sein de la classe ouvrière la classe la plus miséreuse. Un autre auteur, Max Weber, distingue comme caractéristiques d’une situation de classe de l’ordre économique (définissant la place occupée au sein de l’appareil productif), l’ordre social (conférant le prestige, lié à la possession de la fortune) et l’ordre politique (correspondant au degré d’autonomie et de maîtrise du fait politique).
Mais, auprès de l’analyse des classes sociales de ces deux spécialistes, une observation attentive et objective du mode de vie des individus dans leur cadre de vie laisse d’abord constater l’existence d’une classe intermédiaire, riche par rapport à la classe des pauvres et pauvre par rapport à la classe des riches. Mais un examen des deux principales classes sociales fait ressortir les sous-classes suivantes : celle des très riches, celle des riches, celle des pauvres et celle des très pauvres.
 
En conclusion de cette analyse, sur les bases du cadre de vie et des moyens pécuniaires, la société comporte cinq couches sociales dans la pyramide qu’elle constitue :
 
Chez les très riches
Les très riches sont toujours en plus petit nombre. Cette couche sociale est constituée d’individus dont le statut socioéconomique leur permet, par exemple, de s’offrir le monde entier en voyages. Le sentiment de besoin matériel y est inexistant, et toutes les envies de ce genre sont fortement comblées. Le superflu y tient une place de choix. Mais cette grande suffisance matérielle n’exclut pas les problèmes sentimentaux, moraux etc., à moins que les sentiments et la joie de l’âme soient à vendre.
 
Chez les riches
La couche sociale des riches, en petit nombre, comporte des gens dont le coffre–fort est moins volumineux et la réaction à la chose financière est moins prompte comparativement aux premiers. La satisfaction des besoins est un acquis avec suffisamment de superflu.
 
Chez les intermédiaires
La couche sociale intermédiaire, compte des individus jouissant d’un statut sicial intermédiaire. En nombre moyen, leurs besoins sont mis en attente pendant une durée relativement longue, pour laisser la priorité à la satisfaction des nécessités incompressibles. Le superflu est presque inexistant dans le quotidien de cette frange de la population.
 
Chez les pauvres
Les gens vivent presque de palliatifs, en déplaçant les problèmes, dans la couche sociale des pauvres en grand nombre. Les pauvres sont constamment à la recherche de solutions aux problèmes qu’ils se sont créés à eux-mêmes ou que le système en place leur fait subir. Ces gens de cette couche sociale constituent le personnel à la périphérie des organigrammes des structures d’emploi. Une bonne partie des gens de ce palier social sont inscrits au chômage. Le besoin y est présent à tout bout de champs. Les moyens en argent permettent à peine de satisfaire les nécessités du quotidien.
 
 
Chez les très pauvres
Les indigents ou les très pauvres constitue la base de la pyramide sociale. Graduellement en plus grand nombre, cette importante part de la population vit dans l’indigence qui ne permet pas la satisfaction satisfaisante des nécessités vitales. L’indigence leur fait pratiquer des tactiques de survie dans une vie de résignation. Et malgré quelques brèves éclaircies dans un ciel de misère, l’espoir de devenir riche est un rêve interdit.
 
De toute évidence, les individus de ces différentes couches sociales se choisissent des cadres de vie à l’image de leur condition et du contenu de leurs bourses. Mais un troisième critère de division permet de faire la différence entre les gens d’une même couche sociale : le train de vie pour distinguer ceux qui mènent leur vie à la hauteur de leur capacité financière de ceux qui vivent au-dessus de leurs revenus. Les derniers sont comparables à des individus qui visent des objectifs au-delà de leurs capacités mentales et intellectuelles ; exemple : des politicards qui lorgnent des postes politiques. Toutefois vivre en deçà de ses moyens n’a jamais causé de tort à ceux qui prennent ce train de vie.
 
 
Pour briser l’opposition immuable que véhicule l’empirisme de la notion de classe, les spécialistes s’ingénient à la remplacer par la notion de strate ou de catégorie socioprofessionnelle, pour caractériser l’évolution contemporaine des sociétés (industrielles à priori). « Cette approche pragmatique se nourrit de l’idée que nul n’est condamné à l’appartenance à une classe sociale qui régulerait l’ensemble de son existence. L’existence d’une mobilité sociale ascendante qui veut que «les fils auront davantage que leurs pères», fondée sur le mérite et non plus seulement sur le critère déterminant de la possession, plaide pour une appréhension nouvelle de la notion de classe. »
Le caractère dynamique de la nouvelle notion de classe laisse constater des transformations dans les structures hiérarchiques des groupes. Ainsi, il n’est pas rare de voir un indigent changer de statut social dans le sens ascendant par la simple détermination ou, encore, un syndicaliste issu de la classe pauvre devenir président de la république. Le mérite intellectuel offre souvent un poste ministériel à un individu élevé dans des conditions de pauvreté. Les exemples de ce genre sont incomptables pour prendre le contre-pied de la formation des couches sociales par mouvement de reproduction sociale entre les générations, sur la base de la transmission du patrimoine, de la reproduction des pratiques culturelles, des inégalités face aux usages sociaux du temps.
 
Nul n’est, effectivement, condamné à l’appartenance à une classe sociale. Et les fils, qu’ils soient issus de parents riches ou pauvres, auront davantage que leurs pères selon l’orientation que leur donne leur détermination. Ceci doit constituer le credo de la jeune génération des pays pauvres.
 
 
Cadres de vie et sources de revenus
 
A chaque couche sociale, en général, on associe un cadre de vie (environnement et demeure) et des sources de revenus. Et, avec leur entendement, les individus recherchent leur épanouissement dans leur milieu d’existence. Ainsi tous ces hommes et femmes de différents niveaux intellectuels, d’érudition, de mentalité et sociaux, de différentes mœurs et formes d’éducation, de différentes nationalités, venus de tous les azimuts… sont repartis dans ces différents quartiers avec leurs progénitures qu’il faut former et forger adéquatement. Cela, pour assurer, comme il est souhaitable, la relève sans lâcher le relais.
 
En se référant au nombre de couches sociales et en faisant abstraction des quartiers administratifs, commerciaux et industriels, cinq types de quartiers et de demeures se distinguent les uns des autres de par leur particularité. En voyant toujours les choses de façon générale, les très riches habitent les quartiers huppés, dans des domaines et des châteaux qui sont des demeures impressionnantes. La taille et l’architecture complexe de ces maisons montrent que leurs propriétaires roulent dans la poudre d’or. Ces maisons immenses, contrairement à ce qu’on pourrait penser, abritent un petit monde dans un espace pour plusieurs : dix fois plus de pièces que le nombre d’occupants. Les gens de cette couche sociale dorment à poing fermé parce qu’ils touchent des salaires vertigineux à la fonction publique, dans le privé ou parce qu’ils sont d’importants hommes d’affaires ; tous honnêtes ou malhonnêtes selon leur éducation morale…
 
Dans les quartiers résidentiels qui sont des standings permanents d’exposition de belles villas et de jolis immeubles, se trouvent les riches. L’environnement dans ces quartiers est quasiment le même que celui des quartiers huppés, sauf que les fréquentations inter-villas ne sont pas négligées et que le peu de bruit des jeux des enfants est toléré. Les hommes de la couche des riches ont, à un degré moindre, les mêmes sources de revenus que les premiers. Ils occupent des places de choix dans les différentes hiérarchies.
 
Des gens de la classe intermédiaire ou de “ceux qui s’en sortent bien” sont ces personnes qui occupent des postes de statut moyen après les postes les plus élevés dans les organigrammes où ils ont des emplois garantis. D’autres mènent des activités libérales qui leur permettent de se maintenir dans cette couche sociale. Ces gens de condition modeste habitent des quartiers de standing moyen dans des maisons de type HLM (habitation à loyer modéré). Dans ces quartiers, les logements, par centaines, ont le même plan de construction.
 
Les maisons dans les “ghettos” se passent de l’ingéniosité de l’architecture moderne. Ce sont parfois des maisons de type HBM (habitation à bon marché). Les ghettos sont par excellence les quartiers populaires et populeux où le laisser-aller des habitants est déconcertant. Ces quartiers sont réservés aux pauvres de la couche sociale correspondante. Ils occupent les postes du bas échelon dans les sociétés ; ils ont des emplois sous-payés ; ce sont des débrouillards du secteur libéral ou du secteur informel. Ces gens-là ont des familles nombreuses à entretenir et dont il faut subvenir aux besoins. Ce sont encore eux qui sont sur des charbons ardents ; donc, cette catégorie de travailleurs - rouages qui doivent se tuer au travail pour la bonne marche des sociétés qui les emploient, parce que sinon ils seraient les premiers à prendre la porte. Pour le maintien de leur emploi, ils ont le double devoir de se battre et, par le ricochet de cette même lutte, pour que leur progéniture ne manque pas de pain.
 
On retrouve le caractère insalubre du ghetto dans les bas quartiers ou bidonvilles habités par les gens de la couche sociale des très pauvres. Et à un degré supérieur, leur indigence les force à vivre dans des conditions inhumaines. Constituant la base de la pyramide sociale, cette couche comprend tout ce monde qui vit dans les taudis et baraques à la périphérie des villes. Son expansion atteint le monde rural. Et l’exode rural vient grossir les rangs de ce monde d’indigents dans les zones urbaines. Là, en plus de la médiocrité architectonique, les demeures jouxtent les amas d’ordures. Aucune infrastructure n’existe pour rendre le bien-être et l’hygiène possibles dans ces quartiers périphériques et amovibles. Tous bricolent et se débrouillent pour “manger”.
 
Le mode de vie dans chaque quartier n’est pas le même. Le cadre de vie du ghetto se présente, entre autres, de la façon suivante : état des rues déplorable ; trottoirs souvent transformés en dépôt d’immondices ; éclairage public qui laisse à désirer ; caniveaux remplis d’ordures où stagnent les eaux souillées ; relents d’égouts qui embaument l’atmosphère… Les enfants, dans ce milieu social, n’ont pas d’autres aires de jeu que ces nids de microbes. Quant à ceux des bidonvilles, ils ne rencontrent pas ces ‘’couveuses de maladies’’ dans les rues (inexistantes d’ailleurs) mais dans les maisons où ils vivent ; ce, en plus d’être mal nourris. Et comment le taux de mortalité infantile ne serait-il pas élevé dans ces mouroirs sociaux ?
 
Les zones rurales sont des ghettos, à part qu’en insalubrité, elles sont loin d’égaler les ghettos urbains.
 
La promiscuité est importante dans le ghetto. Elle met en évidence la disparité des mentalités qui rend difficile l’observation de toutes règles ayant trait au respect des biens publics et à leur propre bien-être. Pourquoi ? nécessité grandissante, manque de réflexe civique…
 

 

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