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Cote d'Ivoire et Présidences...

le Ghetto

28 Septembre 2006 , Rédigé par Bamba Athanaz Publié dans #Société


 

Le mot ghetto est d’origine italienne, terme vénitien, issu de l'hébreu ghett, «divorce»). En Français, juiverie ou carrière, anciennement, le ghetto indiquait le quartier réservé au sein d'une grande ville où les Juifs étaient contraints de résider. Ensuite, le terme désignait tout quartier habité principalement par des Juifs. L’histoire retient ceci : « Les ghettos sont nés de l'intolérance croissante des chrétiens à l'égard des communautés juives désireuses de préserver leur spécificité. Le premier ghetto officiellement établi fut créé à Rome en 1555 par le pape Paul IV. Presque tous les pays d'Europe installèrent des ghettos au cours des trois siècles suivants. Les ghettos étaient entourés de murs dont les portes étaient fermées pour la nuit. Il n'était pas rare de voir les Juifs porter un signe distinctif par obligation en dehors du ghetto. Sous l'influence de la Révolution française et des mouvements libéraux qui naquirent à sa suite, le système des ghettos disparut progressivement au cours du XIXe siècle. En 1870, le ghetto de Rome, devenu le dernier ghetto officiel en Europe, fut aboli par Victor-Emmanuel II, roi d'Italie.

Adolf Hitler reconstitua les ghettos dans les pays occupés par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, comme un élément de sa stratégie d'extermination des Juifs.
 
Dès l’automne 1940, les populations juives de Pologne avaient été enfermées, à Varsovie et ailleurs, dans des ghettos. En 1941, en Ukraine et dans les pays baltes, les juifs furent systématiquement recherchés et exterminés par des commandos, (les Einsatzgruppen). Les dignitaires nazis décidèrent de mettre en place la solution finale à la question juive à la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942. Des camps d’extermination furent construits pour mettre en œuvre, à l’échelle industrielle, le génocide des juifs d’Europe. Dans le ghetto de Varsovie qui demeure plus célèbre, le soulèvement héroïque des Juifs d'avril-mai 1943 aboutit à leur anéantissement systématique. Cela après l’expulsion de leurs familles du ghetto par des soldats allemands (plus de 300 000 Juifs) pour être déportées dans le camp d’extermination de Treblinka du 28 juillet au 13 septembre 1942. La mise en place la solution finale à la question juive engendra l’Holocauste qui fit périr entre 5 et 6 millions de Juifs dans les camps d’extermination des villes d’Europe : Treblinka, Sobibór, Majdanek, Auschwitz, Belzec, Chelmno.
 
Le ghetto est un lieu où une minorité se trouve regroupée isolée du reste de la population, victime de ségrégation raciale (ghetto de racisme), de discrimination religieuse (ghetto religieux).
 
Dans le contexte actuel, il est question du ghetto social, découlant du sens péjoratif du terme ghetto et qui s'applique à des zones urbaines surpeuplées. Les ghettos sociaux sont des quartiers ou des parties de commune ou de ville où une minorité ethnique ou culturelle vit à l'écart du reste de la population. Ainsi, les individus qui y habitent sont issus de couches sociales ne bénéficiant pas des mêmes avantages éducationnels et sociaux que les couches enviables. Contrairement au ghetto juif, au ghetto racial et au ghetto religieux, le monde du ghetto social est toujours numériquement supérieur à l’effectif des couches enviables. Mais il restera toujours minoritaire sur le plan financier, aussi longtemps que les systèmes politiques demeureront ce qu’ils ont toujours été : obstacles au changement de condition des socialement défavorisés. Et comme les Juifs victimes de l’antisémitisme du régime nazi étaient impuissant face au sort inéluctable qui était réservé, les habitants des ghettos sociaux sont confrontés aux systèmes totalitaristes qui favorisent de plus en plus leurs conditions de paupérisation. Ainsi, faute d’être déportés vers des camps de concentration et d’extermination, ces populations socialement défavorisées se rendent compte à retardement qu’elles sont déjà dans ces camps de concentration contextuels pour y être exterminées par leurs bourreaux quotidiens : la pauvreté et l’indigence face à la maladie, à la famine, aux fléaux sociaux, à la guerre.
 
Vu sous d’autres angles, le ghetto social se définit comme lieu d’habitation ou quartier défavorisé ; réalités quotidiennes de couches sociales particulièrement défavorisées ; philosophie d’un combat existentiel à gagner avec ses aptitudes physiques et mentales en faisant appel à la compétence. Mais dans un système où le respect des valeurs démocratiques et la reconnaissance du mérite ne font pas encore partie de la coutume moderne, il faut plus que de la compétence pour arriver à ses fins, soit en se faisant ennemi des institutions, soit en sacrifiant suffisamment de son temps, de sa fierté de son sang…
 

 

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