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Cote d'Ivoire et Présidences...

Démocratie et multipartisme

19 Septembre 2006 , Rédigé par Bamba Athanaz Publié dans #Divers

Les démocraties modernes visent à protéger (toujours théoriquement) la liberté individuelle et à permettre la décision majoritaire. Jusqu’à présent, la quête démocratique et sa mise en application ont suscité des réactions et des interprétations diverses allant jusqu’à la contradiction totale.

La tentative de conciliation des principes contradictoires d’égalité et de liberté reste quasiment irrémédiable. Mais le dénominateur commun de toutes ces formes de démocratie est la garantie des droits politiques individuels, c'est le droit de suffrage qui donne la possibilité aux citoyens de participer de façon effective aux affaires publiques. Les démocraties modernes combinent parfois des formes de démocratie représentative et de démocratie directe en permettant le multipartisme et l’institutionnalisation de la lutte pacifique pour le pouvoir politique.

 
Dans un contexte favorisant les abus impunis des droits des citoyens, parce que majoritairement en proie à l’illettrisme et incultes, l’idée de démocratie directe parait utopique. Ce que justifie l’ignorance des données objectives de l’activité du gouvernement par cette volonté collective hétérogène et informe ; sans compter l’incapacité de la masse populaire à déterminer et à définir les principes objectifs de son existence sociale : l’existence humaine. Pour se distinguer d’un essaim d’insectes, la nécessité de coordonner les tendances de la quête suscite le choix d’un chef, un individu fait de qualités et de défauts et qui a ses émotions. Mais l’action du chef doit s’inscrire dans le cadre du cahier de charge de sa mission. Le meilleur chef, dans tous les cas, ne saurait mieux se prémunir de ses propres émotions pour la satisfaction totale des attentes de ses pairs.
 
 
Démocratie directe
 
L’idée de démocratie directe parait toujours utopique dans la mesure où certains tenants du pouvoir s’affranchissent des limites que fixe l’objet de leur mission par la force ou par des pratiques industrieuses pour bâillonner l’opinion publique. Ce qui donne l’impression au citoyen d’être seul face à un pouvoir qui ne soucie guère de sa citoyenneté. Et, dès lors que la majorité ne parvient plus à faire entendre sa voix, s’engage le processus de fragmentation du corps social par des affinités socioculturelles, religieuses, idéologiques, socioprofessionnelles, etc. Tout bon observateur ne saurait nier à ce stade que la fragilité de la démocratie s’accentue lorsque ces groupes exigent, de façon éclatée, des conditions subjectives de liberté plutôt que l’égalité de tous qui devrait constituer une quête commune.
 
 
Démocratie représentative
 
De ce qui précède, seule la démocratie représentative, qui écarte l’intervention directe des masses incultes pour faciliter des maîtres à penser et qui semble déjà largement admise, est en pratique possible pour tendre vers les aspirations démocratiques des nations. Quand bien même l’existence formelle d’une Constitution démocratique ne saurait garantir le caractère réel de la démocratie. Ce qui serait la perfection politique des peuples non encore unifiés en nation pour assumer leur souveraineté dans des pays où l’homogénéité sociale est déficitaire. Voilà qui n’éloigne pas de nous l’impression de tourner en rond dans un cercle vicieux, lorsque des politiciens immatures considèrent la démocratie comme un simple jeu politique dont la principale règle est la mécanique de la majorité et de la minorité.
L’ampleur du défit de bien-être social requiert du peuple un esprit de discernement politique en redéfinissant les critères de gouvernement et d’obtention des places sociales et non de laisser le loisir aux brigueurs de ces postes de les fixer à leurs avantages.
 
 
Science politique 
 
La science politique, parce qu’incorporant la philosophie, l’économie, le droit, l’histoire, la géographie a longtemps été considérée comme plurielle. Chacune des disciplines qu’elle comprend applique sa méthode propre à la politique, formule des lois scientifiques sur la réalité politique. La science politique se définit comme la discipline académique centrée sur l’étude systématique du gouvernement au sens le plus large. Les politologues déclarent que la théorie constitutionnelle distingue classiquement deux idéaux types, susceptibles concrètement de nombreuses variantes : les régimes parlementaires où le gouvernement, responsable devant une assemblée susceptible d’être dissoute, exerce un pouvoir au nom d’un chef d’État irresponsable, et les régimes exécutifs où le pouvoir gouvernemental et les assemblées délibératives sont autonomes.
 
 
Régimes parlementaires
 
Dans les régimes parlementaires, la capacité de l’Assemblée d’obtenir la démission du ministère est censée être équilibrée par l’exercice éventuel du droit de dissolution. Le chef de l’État (monarque au Royaume-Uni, en Belgique, aux Pays-Bas ou en Espagne, président de la République en Italie ou en France) symbolise l’unité au-dessus des divisions partisanes.
Généralement, le Parlement comporte deux Chambres à pouvoirs inégaux. La première, seule issue du suffrage universel direct, exerce la plénitude du contrôle de l’exécutif avec le pouvoir de censurer le gouvernement ; la seconde a des prérogatives plus limitées, justifiées généralement par son mode de désignation. […]
 
 
Régime présidentiel
 
Dans le régime présidentiel, le chef de l’exécutif ne peut dissoudre le parlement et celui-ci ne peut renverser le gouvernement. L’exemple type en est la Constitution des États-Unis d’Amérique. Le président des États-Unis est élu au suffrage universel (quoique indirect). Celui-ci lui confère une légitimité incontestable face aux deux Chambres du Congrès. [...]
 
 
Multipartisme : panacée démocratique ou mort-aux-rats?
 
Dans le cheminement de son histoire, chaque pays a fait l’expérience du monopartisme (parti unique), du bipartisme et du multipartisme qui fait l’objet d’un long combat politique pour la plupart des pays africains au lendemain de l’indépendance. Ces systèmes politiques sont ou ont été indifféremment un point de départ ou la ligne d’arrivée de ce combat. Ainsi le multipartisme, auquel a abouti la quête politique de ces pays est considéré comme le moyen démocratique, par excellence, pour l'électorat d’exprimer la variété des opinions, la multiplicité de partis politiques aidant. Le multipartisme permet une plus grande diversité politique en donnant aux électeurs la possibilité de voter pour le parti politique qui correspond le mieux à leurs convictions. Bien que procurant une pluralité de choix, le système multipartite peut être à l’origine de l'instabilité gouvernementale, lorsque multiplicité de partis politiques rime avec libertinage politique. La mauvaise interprétation du multipartisme des militants fanatiques (pour la plupart) et son déséquilibre conduisent à un système politique où aucun parti politique ne domine clairement, imposant de nombreux compromis politiques sans garantie à l’issue de fortes turbulences. À moins que la perspicacité des corps intermédiaires et la qualité du débat public pour la réunification des mentalités évitent un naufrage politique, in extremis. C’est en cela que deux millénaires plutôt, Platon a accusé la démocratie de diluer l’autorité conduisant au désordre social.

 
 
 

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